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Graisse blanche – graisse brune : prévenir l’obésité


Une équipe du Service des Thérapies Innovantes (STI) a découvert un mécanisme moléculaire régulant la balance entre graisse blanche et graisse brune chez la souris, définissant une nouvelle catégorie de cibles potentielles pour contrôler la masse adipeuse.


Publié le 9 février 2018

Qu’est-ce qui fait qu’une cellule va se multiplier ou au contraire se pécialiser ? La balance entre division cellulaire et différenciation est finement régulée par le contrôle des interactions entre les protéines impliquées dans ces mécanismes. Dans le cas de la fabrication du tissu adipeux (adipogenèse), les chercheurs du STI de l’Institut de biologie François Jacob du CEA suggèrent que l’interaction entre deux protéines, FOG-2 et pRb contrôle le choix de la spécialisation des tissus adipeux, en graisse blanche pour le stockage lipidique, ou en graisse brune pour la thermogenèse de l’organisme. L’étude laisse entrevoir de nouvelles pistes pour la prévention des pathologies du tissu adipeux, comme l’obésité.


L’équipe, dirigée par Stany Chrétien, s’intéresse depuis longtemps à deux familles de protéines : les facteurs de transcription GATA et leurs cofacteurs, FOG, qui jouent un rôle essentiel dans la différenciation des tissus en régulant l’expression de nombreux gènes. Ils ont ainsi montré que le contrôle de la production et de la maturation des globules rouge passe par un équilibre dynamique des interactions de GATA-1 avec FOG-1 ou pRb, protéine qui arrête la progression du cycle cellulaire (voir "Une voie de secours pour produire des globules rouges"). 

Leurs récents travaux se concentrent sur FOG-2, connu pour avoir un rôle dans l’adipogenèse. Les chercheurs ont identifié dans FOG-2 un motif peptidique (LXCXE) qui lui confère la capacité d’interagir avec pRb, comme GATA-1. Les chercheurs ont développé un modèle rongeur pour évaluer les conséquences d’une perte de ce motif LXCXE dans FOG-2. Les animaux exprimant la forme mutée de FOG-2 sont hyperactifs, leur résistance au froid et à l’obésité est renforcée. Leur graisse blanche est en partie convertie en graisse brune. L’équipe met également en évidence, dans des cellules précurseurs des adipocytes mises en culture, que la mutation de FOG-2 ralentit la progression du cycle cellulaire, dérégule l’expression de plusieurs gènes impliqués dans le contrôle du cycle cellulaire et in fine perturbe la prolifération de ces cellules.  

Les résultats obtenus tendent à établir que la régulation de la progression du cycle cellulaire par la fixation de FOG-2 sur pRb constitue une étape clé dans l’adipogenèse et amènent à considérer FOG-2 comme une cible pour des thérapies de pathologies de l’adipogenèse chez l’Homme. 



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