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Du génie nucléaire au génie biologique

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Publié le 2 février 2017
​Le 1er mars 1946, le « fort de Châtillon », situé aux portes de Paris sur la commune de Fontenay-aux-Roses, devient le premier centre de recherche du nouvellement créé Commissariat à l’énergie atomique. Il est prêté par l’armée au CEA afin de pouvoir démarrer les premières expériences sur l’atome. 

Les recherches sur la fission

La pile Zoé – Premier réacteur nucléaire expérimental français

Début 1947, il est décidé de construire une pile de faible puissance alimentée à l’oxyde d’uranium et modérée à l’eau lourde. Il faudra 15 mois et demi et 400 ingénieurs et techniciens pour aboutir à la première mise en service de Zoé. D’une puissance initiale de l’ordre de 10kw, sa puissance sera élevée en 1953 à 150kW. Zoé est exploitée principalement pour les mesures de pureté des matériaux nucléaires et sa grande stabilité en a fait un instrument incomparable pour l’étalonnage des détecteurs et des instruments de mesure. Elle a aussi fourni les hôpitaux et laboratoires français en radioéléments pour la médecine et la science. Le  6 avril 1976 à 11h51, elle est arrêtée définitivement. Son assainissement se termine en 1978. À la suite de la pile Zoé, deux piles-piscines ont été mises en service sur le centre de Fontenay-aux-Roses pour l’étude des matériaux : Minerve et Triton, aujourd’hui démantelées.

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​Les recherches sur la fusion

Les recherches sur la fusion contrôlée commencent dès 1957 à Fontenay-aux-Roses avec le Tore TA 2000, puis le Tokamak de Fontenay-aux-Roses (TFR) est mis en service en mars 1973. Pendant 3 ans, il est le plus performant au monde. Le Tokamak est un dispositif torique qui permet de créer et de confiner un plasma d’hydrogène ou de deutérium à une température de plus de 10 millions de degrés grâce à un champ magnétique intense. Les installations concernant les recherches sur la fusion devenant de plus en plus imposantes, en 1985, ces recherches se délocalisent à Cadarache. Les locaux laissés par la fusion vont permettre l’accueil de recherches sur la robotique (1987).

Les recherches en radiochimie et radiométallurgie

Le centre de Fontenay-aux-Roses a accueilli les laboratoires pilotes de l’ensemble de la chaîne du combustible nucléaire : traitement du minerai, fabrication du combustible (alliages et céramiques), analyse de la corrosion, traitement du combustible irradié et même celui des déchets et des effluents, en utilisant notamment l’incorporation dans des verres. Quand les installations ont eu besoin d’atteindre une taille plus importante, elles ont été délocalisées dans des centres moins urbains (Marcoule, Cadarache…). Le dernier laboratoire « chaud » a été fermé en 1995.

Les procédés pilotes de l’usine Areva de retraitement à La Hague ont été élaborés à Fontenay-aux-Roses. De très nombreuses cellules blindées y ont été construites pour étudier différents procédés d’extraction du plutonium et la stabilisation des produits de fission par incorporation dans des verres.

 
La chaîne blindée Cyrano a servi à l’étude du
traitement du combustible irradié. 1965 ©Jahan/CEA


Les sciences du vivant à Fontenay-aux-Roses

RADIOBIOLOGIE

Depuis la mise en service de Zoé, la question de la protection de l’homme et de l’environnement contre les radiations est une préoccupation. Dès 1951, le service de protection contre les rayonnements est créé ; puis, en 1976, l’institut de protection et de sûreté nucléaire qui deviendra l’IRSN en 2001. Cette préoccupation est d’autre part marquée sur le centre de Fontenay-aux-Roses par l’installation de laboratoires de radiobiologie, de dosimétrie et d’irradiateurs tant pour la recherche appliquée que pour la recherche fondamentale. Ainsi, les travaux en cytogénétique (étude des chromosomes) sont menés dès 1977, ouvrant la voie à la biologie moléculaire.

Comptage de chromosomes, années 50. ©CEA

 

NEUROVIROLOGIE

En 1988, le centre élargit le spectre de ses recherches avec la création d’un laboratoire de neurovirologie. Ses chercheurs s’intéressent à de nouveaux pathogènes particulièrement résistants aux radiations : le virus du Sida (découvert en 1980) et les prions, agents caractéristiques de l’encéphalopathie spongiforme bovine apparue en 1986. Le centre montre sa capacité à contribuer à des enjeux de santé mondiaux notamment avec la mise au point d’un test diagnostic postmortem de la maladie de la vache folle au cœur de la crise sanitaire des années 1990. Cette technologie a permis de sécuriser la filière alimentaire bovine.

UN CENTRE POUR LES SCIENCES DU VIVANT

De grandes infrastructures en biologie prennent place à Fontenay-aux-Roses : la plateforme de recherche sur les prions NeuroPrion, en 2004, un plateau technique d’irradiation à de très faibles doses, en 2005. L’institut de génomi​que d’Évry est rattaché au centre de Fontenay-aux-Roses en 2007. En 2009, le centre préclinique dédié au développement et à la validation de thérapies innovantes, MIRCen, est inauguré. Il constitue un plateau de recherches unique en Europe. Cette dynamique se poursuit avec la création de deux nouvelles infrastructures nationales en biologie et santé uniques en Europe : IDMIT, dans le domaine des maladies infectieuses et NeurATRIS, dans le domaine de la recherche translationnelle pour les neurosciences. Le centre est rattaché à la Direction de la reche​rche fondamentale du CEA depuis janvier 2016. Depuis février 2017, il est regroupé avec le centre CEA de Saclay pour constituer le centre CEA Paris Saclay. Ce regroupement répond à des enjeux de lisibilité et d'optimisation. Il s'inscrit dans le développement de la communauté d'universités et d'établissements ''Université Paris-Saclay" qui représente environ 15% de la recherche française.

70 ans de recherche et

d'in
novation

En 2016, le centre CEA de Fontenay-aux-Roses a fêté ses 70 ans. Pour célébrer cet anniversaire, Zoé, première pile atomique française, s'est transformée en un musée dédié à dix belles réalisations permises par les chercheurs du centre depuis son origine.

Découvrez ces recherches en téléchargeant la plaquette.


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